Balade en pays breton, en mai 2007
Jour -2 : Lundi 14 mai 2007 - La préparation de la belle.
La belle, une magnifique Ducati 750 SS de 1992, 15 ans et presque 59 000 km au compteur. Alternateur et régulateur changés en été 2006, courroie de distribution changée fin 2006, révision récente, un seul point faible, les pneus.
Aujourd'hui je vais aller changer les chaussons de la Ducat'. Mes pneus sont tout usé et les témoins d'usure on déjà rencontré l'asphalte plus qu'à leur tour. Il est vraiment plus que temps d'agir.
Aller, allumage du PC, connexion à internet, tapage du www.cardy.fr, repérage du magasin de Coignières, étude du plan d'accès et des heures d'ouvertures, perception du cuir, du casque et des clés et départ tranquile pour le lieu d'entretien de la belle.
- Bonjour madame, pourriez vous me sauvez la vie ?
- Hum... Pour changer les pneus il faut attendre une petite heure, les deux mécanos sont occupés pour l'instant, me répondit elle avec un large sourir.
- OK ! Pas de problème. Je peux attendre, j'ai toute la journée, rétorquais-je donc un peu soulagé.
- Vous voulez quoi comme pneus ?
- Du Michelin Pilot Power s'il vous plaît m'dame.
- Votre moto c'est quoi ?
- Une Ducati 750 SS, m'dame !
- OK. Je note tout ça, vous pouvez revenir d'ici une heure.
- Merciii. A tout à l'heure, m'dame.
Et c'est donc ainsi que je dis adieu à Dunlop pour passer chez Michelin. Après tout, un peu de protectionnisme ne fait de mal à personne. De plus, un grand expert fan de Ducati me disait il y a peu qu'il ne jurait plus que par Michelin après s'être fait peur plusieurs fois sur du Dunlop. Je vais donc tester par moi même.
De retour à la maison avec des pneus tous neuf, je fouille dans les cartons et j'en ressort les pots "imola" full-bordel-qui-pêtent-fort-et-qui-font-gagner-une-bonne-patatte et je les réinstalle sur la belle.
Je redémarre la Ducat' et là... Mmmmmh miam miam que c'est bon ! Bord'leud'merd' j'avais oublié comment c'est bon ! Rhaaaaa... Aller, je vais aller faire un petit tour dans les virolos près de chez moi pour voir comment ça change.
Premier bilan, c'est plus bruillant, ça donne vraiment plus de patatte.
Second bilan, ça confère beaucoup de frein moteur, mais le son en décélération... Oh putain qu'c'est bon !
Bref, la Ducati est propre, elle est bien chaussée, elle est bien libérée, elle fait un bruit de tous les diables et elle a une patatte d'enfer... Comme moi ! Je sens que je vais m'éclater cette semaine. Et j'espère que ce ne sera pas contre un arbre. :)
Aller maintenant, je rentre à la maison et je vais me préparer à retrouver ma vraie belle.
Jour -1 : La préparation du pilote.
Demain c'est le grand jour. Malheureusement, des impératifs, les Cowboys Fringuants en l'occurence, m'empéche de partir en même temps que les autres. Mais ce n'est pas grâve, je vais les rejoindre tranquilement.
Aujourd'hui donc, préparatifs !
En tout premier, on va préparer les affaires. Alors, ma petite "check list" :
- Kit creuvaison : OK
- Graisse pour la chaîne : OK
- Boite à outils : OK
- Pince disque pour dormir : OK
- Vètements de pluie : Ils sont vieux et moins efficasse mais... OK
- Carte de France : OK
- Itinéraire : KO
Bon et bien... Ne dit-on pas : "ITI est ton ami" ? Et bien si, on le dit. :)
Alors, je suis où ? Départ de Saint Cyr l'Ecole, arrivée à Quemper-Guézennec... Merde, je n'ai pas rebrancher l'imprimante. Aller, un petit peu de quatre pattes sous les bureaux (et ne voyez rien de sexuel là dedans, bande de pervers !) Impression de l'itinéraire.
On reprends la "check list" :
- Itinéraire : OK
- Sac de couchage : OK
- Vètements de rechange : KO
OK. Alors comment voyager léger et utile ? Je pars quatre jours, j'ai besoin de quatres jours de rechange, plus un short et des sandales. On bourre tout ça dans la male de réservoir, les vètements de pluie sont dans le sac çà dos. Tout tient, donc tout va bien. :)
Check list suite :
- Vètements de rechange : OK
- Cloppes : OK
- Appareil photo : OK
- Chargeur portable : OK
- Chargeur Appareil photo : OK
- Numéros de téléphone des potes : OK
- Nettoyage de la visière du casque : OK
Alors, qu'ai-je pu oublier... A oui ! La trousse de toilette. Après tout, je vais quand même me laver pendant quatre jours. ;)
- Trousse de toilette : OK
- Serviette de bain : OK
Bon et bien voilà. Je crois que j'ai tout ce qu'il faut. Le reste, j'apprendrai à m'en passer. :)
La male de réservoir est bien remplie. Le sac à dos n'est pas trop gros. Pas de risque de coup du lapin en cas de chutte. Les papiers de la moto sont dans la poche avec le permis et la carte bleue... J'ai tout ce qu'il me faut.
Il est 11h... Juste le temps de faire un petit tour en moto pour aider à roder les pneus, d'aller faire le plein d'essence pour demain matin et de me faire deux épisodes de Twin Peaks avant de rejoindre mon pote le banquier pour aller au concert de ce soir.
Jour 0 : Le départ ou la naissance de la compagnie.
Epuisé par mes activités nocturnes de la veille, j'ai du avoir reccours à cette machine horrible qui contrôle notre vie de tous les jours. A 8h30, le réveil hurla des insanités à mes oreilles et m'obligea à quitter ses rêves épiques de terres promises et d'espaces infinis n'attendant que leur exploration.
Après une brève préparation, je m'équipais donc pour aller mon chemin et rejoindre mes compagnons de fortune dans cette lointaine région bretonne. Grâce à la magie technologique de ces temps démoniaques, je préviens le frère de sang que je vais bientôt retrouver, que je vais me mettre en route incessament. Et après avoir arnaché ma monture de tous les ustensils nécessaires à mon périple, je me mîs en route, suivant scrupuleusement le guide que j'avais écrit la veille pour ne pas errer sans fin dans cette contrée inconnue.
Après quelques heures monotones et sans intérêt pour cette histoire, j'arrive enfin à destination et après une courte attente, j'entends mes compagnons arriver sur le chemin venant de l'Ouest.
C'est le moment, je pense, de présenter les belligérants... Ou plutôt les preux chevaliers de l'apocalypse routier.
Vincent, le meneur, propriétaire d'une Ducati 1000 Sport et d'une BMW 1200 LT, fort de sa grande connaissance bretonne et de son expérience en tant qu'organisateur de quêtes bitumesques, il est resté le maître incontesté des cartes pour ces quelques jours.
Pour cette excursion, il a préféré la "bleuet" offrant plus de protection contre le vent et la pluie.
Laurent, le premier Ducatiste, propriétaire d'une Ducati Mostro S4 carbu tout bien préparé, préférait les positions de second, derrière le meneur et de dernier, pour arsouiller et malmener un peu son monstre.
Eric, le Buelleux, propriétaire d'un Buell 1200 Ligthning, naviguait entre les positions 2 et 5 assez indiféremment, aimant généralement les positions arsouilleuses, c'est à dire à proximité des deux Ducat'.
François, le CB'iste, propriétaire d'une CB 500 S, ma première monture, bon pilote, aimant les petites routes très viroleuse, mais plutôt freiné par la puissance de son engin et surtout par la défaillance des roulements de direction, l'obligeant à lutter plus que nécéssaire et donc à fatiguer prématuremment. Ce bon conducteur, quoique préférant la position de second, pour la régulariter du pilotage du meneur se retrouvait souvent en 5e place à cause des problèmes sus-nommés.
Et enfin moi-même, second Ducatiste, propriéaire, ou presque, d'une Ducati 750 SS carbu de '92 à l'embrayage patineur ; apprenti pilote de maigre talent, préférant la position de l'arsouilleur suiveur : "s'il passe, je passe aussi", plutôt que celle de l'arsouilleur meneur : "Il ne passera pas le rascal" qu'affectionne plutôt les autres.
Après de brèves embrassades et un bon repas chaud bien arosé, nous nous préparions pour la journée à venir en prenant une bonne nuit de repos.
Jour 1 : Les promenades champêtres et la grisaille bretonnante.
Etait-ce l'exitation de notre voyage ou bien le silense surnaturel qui raignait en ces lieus, dans tous les cas, nous étions tous réveillé ce matin là, aux environs de 8h. Après de longues préparations, et oui, nous nous préparions à affronter la pluie et le vents qui sévissait rageusement dans ce pays, nous partîmes enfin, d'une alure modérée au début, pour laisser le temps à nos montures de s'échauffer et à nos esprit de s'affuter quelque peu. Une brève halte pour permettre à nos belles d'être repue et nous voilà partis pour les cotes au Nord-Est de notre campement. Les petites routes, agréables malgré ce temps grisâtre, défilaient devant nos yeux emplis d'envie. Des paysages magnifiques emplissaient notre mémoire et comblait notre quête de dépaysement. Les kilomètres s'accumulaient. Nous croisions souvent d'autres chevaliers en quête d'espoir, que nous saluiions d'une signe de main, signe du langage secret de notre caste. Nous fîmes de nombreux arrêts, pour prendre des notes et demander à ces instruments magiques de graver des instantanés des paysages que nous observions. Les cotes changeaient, toujours plus déformées, toujours plus torturées, toujours plus belles. Les habitations de la polulation locale nous bouleversaient dans leur simplicité et dans la beauté de leur architecture. Tous, nous pensions en nos forts interieurs que cette région devaient être très agréables pour venir finir nos jours en paix.
Le soir, de retour après une bonne journée de chevauchée
monstrueuse, nous revîmment, l'esprit repus de toutes ces visions, pour repaître notre corps meurtri par tant de route. Auprès de l'âtre, en attendant que les druides étatiques nous donne des indices sur l'état du ciel le lendemain, nous étudiâmes notre parcours pour la journée à venir.
Demain serait consacré à l'étude religieuse en la huitième merveille du monde, le Mont Saint Michel allait nous accueillir.
Jour 2 : Le mont brumeux et la cote au soleil.
Nous voici donc réveillés zux aurores et prèt pour notre petit pelrinage à 9h30. Enfourchant nos fiers destriers mécaniques nous nous dirigeaâmes d'une alure aussi tranquile que soutenue vers la grand route en direction du célèbre et mythique Mont Saint Michel... Le tout sous une bruine des plus déplaisante.
Mais à peine arrivés sur la voie rapide, cette brume disparût pour laisser place à une grisaille aussi monotone que la route que nous empruntions. Je comprenait meiux maintenant la grisailles et les nuages que nous contait le grand Jacques dans sa chanson du plat pays, mis à part que le plat pays breton ne l'est pas du tout.
Au bout d'une heure passée de quelques minutes, nous morfondant dans la plus pure des mélancolies, au bord de l'inconscience, un regain de vie inespéré, un éclair de lucidité quasi divine, une envie de liberté et de folie, nous conduit à réagir. Notre meneur, n'écoutant que sa fougue, quitte cette voie maudite pour nous lancer dans l'inconnu le plus total des chemins de campagne à une vingtaine de kilomètre de notre destination. Pour deviner la direction à suivre, nous nous repérâmes donc aux étoiles... à la mousse sur les arbres... A la carte au trésor qui était en notre possession et nous affrontâmes les rigueurs de l'hiver... du printemps breton pour approcher de cette baie tant espérée.
Ce n'est qu'arrivés à quelques centaines de mettre du Mont que nous arrivons enfin à le distinguer, perdu au milieu des voutes de brume blanchâtre. La faim et le froid nous forcèrent à aller de l'avant. Tout ! Mais ne jamais abandonner. Fourbus, fatigués, que dis-je, exténués par notre longue route nous franchîmes enfin les portes de l'abris consuméristes pseudo religieux que nous offrait cette muraille intemporelle et indestructible du Mont. En levant nos yeux vers les cieux, nous ne pouvions point appercevoir à sa cime le l'Archange Saint Michel et c'est donc dans le desespoir le plus sombre qu nous gravîmes les premières marches de la rue des boutiques de souvenirs, en quète d'un lieu plus calme, plus serein et plus aptes à engendrer des discutions enflammées et enjouées dont nous étions avides. Ce ne fût qu'après une brève excursion sur les remparts et un frugal repas que nous reprîmes la route, sur nos machines démoniaques, à la recherche de ce disque jaunâtre et brullant que le commun des mortels appelle le soleil.
Longeant les cotes pour ne point perdre notre chemin dans le brouillard et la bruine printanière, nous franchissions une dernière cîme, ayant secrètement décidé d'arréter là toute exploration pour la journée, quand enfin, alors que l'après midi, nous nous en rendions compte maintenant, était très avancée, quand enfin, alors que tout espoir de se réchauffer, non pas auprès d'un feu de bois salvateur, mais sur un rocher poli par les flots, quand enfin, alors que nos montures montraient les premiers signes d'une fatigue plus que justifiée, quand enfin, nous le vîmes. Nous le vîmes, ce soleil béni et chéri de nos corps, de nos coeurs et de nos âmes. Nous ne nous fîmes pas attendre et au premier lieu aménagé nous faisions halte pour admirer le paysage qui s'offrait à nos regards tantôt ébahis, tantôt éblouis.
Nous n'avions cure de cette mane providentielle de lumière et de chaleur, mais déjà, l'appel sauvage du bitume se rappelait à nous et nos regards, inconsciemment, se dirigeait déjà vers nos fiers destriers. Et c'est donc avec regret, envie et passion que nous reprîmes les routes sinueuses et ensoleillées nous menant, irrémédiablement, vers notre camps de base, où, nous le savions déjà, nous piourrions nous repêtre de chair de porc savament préparée et cuite au feu de bois. Nous pourrions ainsi préparer la chevauchée infernale du lendemain. Après quoi, l'appel au repos se ferait plus présent, puis finirait par avoir raison de notre volonté si souvent vacillante.
Jour 3 : Quand le soleil se noue dans la brumes des routes Moto-Journal.
C'est aux premières lueurs du jours... Aller, soyons honnête et accordons nous les secondes lueurs du jour, vers 8h donc que notre joyeuse compagnie émergea d'un sommeil salvateur. Après de brèves mais efficasses ablutions, nous admirâmes le bleu du ciel en préparant nos monturesmagnifiées par le soleil du matin.
Une étincelle de folie brillait dans les yeux de tous, car aujourd'hui nous le savions, le soleil allait guider nos roues tout au long de cette sainte journée. De plus, nous avions décidés, d'une commun accord, d'essayer les 50 km désignées par cette imprimé sous la forme d'une route surlignée.
Nous commencâmes la journée par rejoindre la cote, le seul moyen pour ne pas perdre tout à fait son chemin dans cette contrée torturée par les intempéries et le temps à l'échelle géologique. Une fois arrivés dans ce petit port de plaisance, surveillé par ce chateau magnifique en bort de mer et alors que nous faisions halte pour entretenir nos machine autant que nos corps, nous avisâmes une auberge acueillante et décidâmes d'y faire entrer pour nous sustenter avidement.
Le soleil était à son zénith lorsque nous reprîmes la route et alors que nous nous enfoncions dans les terres, le paysage changea radicalement. Les paysages torturés et composés alternativement de sable et de rochers laissèrent la place à des vallées et des gorges sinueuses. Nous la sentions toute proche et l'exitation était à son comble lorsque notre meneur fît signe qu'une halte était nécessaire. Là, il nous expliqua les choses clairement. Dans quelques centaines de mettres allait se dérouler devant nos roues un ruban d'asfalte viroleux digne des rêves les plus fous, sur lequel les chevaux de nos machines pourraient enfin s'en donner à coeur joie.
Le temps était au beau, dans cette gorge le vent ne sévissait pas, la route était en bon état et quand nos moteurs rugîrent en nous entrainant à des allures que la marée-chaussée a pris l'habitude de sanctionner, nous avons, je le pense sincèrement, oublié le reste du monde et avons pris un plaisir intense et immence à parcourir ces quelques distances. Cette voie n'était que succession de virages, dans un sens, puis dans l'autre. A notre gauche, les arbres et la montagne d'armorique, à droite la rivière qui dévalait cette gorge dessinée par un esprit tortueux et poête.
Nous enchainions ces virages, sans réfléchir, nous concentrant uniquement sur le perfectionnement de nos courbes. Et j'imagine que tous étaient affublés du même sourir qui déformait mon visage à ce moment précis.
Aaaah... Instant fugace de pur bonheur terrestre.
Mais bientôt le paysage changea encore. Nous remontions sur les hauteurs désolées d'un plateau et en nous approchant du sommet, nous étions pris entre un paysage vert et ensoleillé et un paysage desertique, chaotique et noyé dans le brouillard. Plus nous progressions, plus cette nappe de brume, parfaitement délimité et nous masquant la vue des cieux purs et bleus. L'impression de changer de monde était impressionnante, féérique presque. Nous avions l'impression d'être rattrapé par un de ces comptes pour enfants que les grands mères leur raccomptent le soir pour les endormir. A chaque virage nous nous attendions à tomber nez à nez avec un dragon gardant l'entrée d'un chateau à moitié en ruine.
Mais nous n'en avons pas rencontré. Au lieu de celà, notre meneur, profitant d'une faiblesse de notre part, profita de son avance pour se faire plaisir lui aussi. Et nous, suiveur, quand nous nous rendîmes compte de son absence, nous avons décidé, sans concertation aucune, ne poussez nos montures plus avant. Et c'est dans un concert plus puissant que le souffre d'une armée de dragons que nous avons avalé les kilomètres, à une alure parfois suffisante à nous propulser dans les étoiles.
Là la CB atteint ses limites, on sentait que la puissance de son âme était un peut trop légère pour suivre sans problème les autres. De plus, affublée d'une petit problème de direction, sa maîtrise était parfois lourde, parfois flotante, souvent impressise et dans tout les cas, épuisante pour le pilote. Dans une très légère brume, accentuant l'effet d'évoluer dans un autre monde, les trois monstres rugissant se poursuivaient, se ratrappaient, se distançaient et dévoraient le bitume qui leur était offert si gracieusement quand au loins, il apperçurent un point bleu. Etait-ce un mirage, une illusion ? Non, c'était bien elle. La Bleuet ! Nous l'avions rattrapée.
Progressivement, revenant à un mode de pensée plus civilisé, nous réduîmes notre alure pour permettre au cinquième de nous rejoindre. Une fois fait, une pause nous étaient devenue d'une évidence si vitale qu'au premier village traversé, nous nous affalâmes dans l'auberge la plus proche pour nous désalterer.
Le sourir aux lèvres, des étoiles dans les yeux et des images folles dans la tête, nous nous sommes reposer quelques instants avant de prendre le chemin du retour vers notre camps de base.
Le reste du chemin fût sympathique, mais beaucoup moins fou que la première partie de cette journée.
Jour 4 : Le retour du soleil ou le retour vers la normalité.
Et voilà notre quête achevée. Il était temps pour nous, pauvres chevaliers des temps modernes de rejoindre la banalité de nos vies de travailleurs forcenés. C'est donc avec une tête emplie de nostalgie que nous reprîmes la direction de nos routes quotidiennes. La voie rapide, puis l'autoroute, cette usine à ingurgiter les kilomètres, qui ne nous laisse pas le temps de les digérer qu'elle essaye déjà de nous en resservir. La morosité de ses courbes trop larges, de ses lignes droites trop longues, de ses visiteurs trop nombreux. Sans même nous en rendre compte nous étions déjà arrivé à Rouen, ville éternelle et renommée pour sa pucelle brullée il y a quelques siècles. Le moment était venu de nous séparer. Trois d'entre nous partaient dans vers les contrées du nord alors que deux autres se rapprochaient de la capitale de ce pays, si horrible et si magnifique, si triste et pouvant apporter tant de bonheur. Le glas sonnait la fin de notre compagnie.
Mais nous savions tous que nous lutterions contre le temps et que notre épopée sauvage renaîtrait, tel le phoenix et que de nouveau nous nous retrouverions pour écumer les routes de France.