Tour en France, en Mai 2012

Encore une fois, une année passée sans moto.
C'est toujours un vértable enfer. C'est toujours une torture permanente dès que les beaux jours approchent.
Je me suis surpris à passer des soirées entière sur des sites de vidéos à regarder les autres motards présenter leurs exploits.
Je me suis surpris à me dévisser la tête à chaque passage d'un moto. Je me suis même surpris à regarder des Harley. C'est pour dire.
Je me suis réveillé en pleine nuit, persuadé d'avoir entendu la douce et puissante musique de ma Ducati.
J'avais des allucinations auditives en faisant remonter certains souvenirs de ballade en Auvergne.
Il était temps. Que dis-je. Il était plus que temps que je retrouve ma belle. Que je revive les vraies sensations d'accélération, autrement plus vivantes que celles du métro ou du bus. Il était temps que je passe quelques jours de vacances en France au guidon de ma belle et dévouée 750 SS.
C'est presque une Dame maintenant. Elle a fêté ses 19 ans et ses 87 000 km. On la révère, on la respecte, on l'aime cette petite moto.
Mon dieu. A l'heure où j'écris ces lignes, elle me manque déjà. Et cela fait moins de trois semaines que je suis loin d'elle.
Destin cruel.
Trois semaines que je suis revenu. Ca veut donc bien dire que je suis parti. Et oui. Du 21 mai au 5 juin j'ai écumé les routes française en quête de souvenirs, de sensations, de plaisir solitaire sur ma belle italienne.

Le programme était chargé, comme d'habitude. Les visites à la famille et aux amis sont de rigueur quand on habite de l'autre coté de l'océan.
Mais cette année, je me suis quand même réservé trois jours rien que pour la moto. J'ai profité que trois amis partaient en vadrouille sur les routes des Cévennes pour les accompagner.
Le programme était simple, mon pote le Rico sur Buell 1200 Cyclone, me rejoignait chez mon frangin, nous allions ensemble jusque Gien pour retrouver les Vincent sur KTM 990, et Stéphane sur Multistrada. Puis, ensemble nous sommes descendu jusqu'à un gîte dans le coin de Florac, notre camps de base. Là, deux jours de bonheur nous attendait.

         

Le point culminant de cette recherche de bonheur terrestre s'est présenté lorsque nous avons descendu les Gorges de la Jonte et remonter les Gorges de Tarn, avec une petite pause à Sainte Enimie, pour boire un Perrier à la terrasse d'un café, comme un groupe d'une quinzaine de Belges en vadrouille motocycliste.
Cette route... Cette route était magnifique. Le temps était superbe. Les motos étaient en pleine forme. Les conducteurs étaient heureux.
Quatre chevaliers, non pas de l'apocalypse, mais des temps modernes, avalaient les virages avec une régularités de musicien. C'était superbe. C'était grandiose. C'était émouvant.
C'est, je crois, mon souvenir de l'année.
Nous ne faisions pas la course. Nous nous contentions de cette instant fugace de bonheur.
Aucune agressivité, seulement le plaisir de rouler.
Aucune compétition, seulement le plaisir de se suivre les uns les autres.
Aucune espérance, à part celle que cet instant puisse durer une éternité.
Il n'y a rien dans ce monde qui puisse rivaliser avec le plaisir que l'on ressent dans ces instants là.
Cette osmose complète avec une monture qui nous accompagne à la perfection dans le suivi de cette route parfaite est incomparable. Il n'y a plus de temps, ni d'espace, il n'y a plus de corps, ni d'esprit. Il n'y a qu'un tout, achevé, complet et fini. Il n'y a rien à ajouter sans dégrader la qualité de ce moment. Il n'y a rien à retirer sans perdre la magie de cet instant.
Si le paradis existe, c'est à ça qu'il doit ressembler. Il ne pourrait en être autrement. Et si ce paradis existe, je veux y atterrir dès le premier jour après ma mort.

Mais la vie humaine est ainsi faite qu'elle est l'esclave du temps. Et une fois revenu au gîte, c'est l'appel du corps qui se fît sentir. Manger, boire, dormir. Les trois piliers de l'esclavagisme du corps sur l'esprit.
Et une fois la magie disparue, il n'est plus possible de la retrouver.

J'ai donc quitté mes camarades pour rejoindre la famille sudiste et entreprendre l'entretien de la moto ; un nouveau câble de compteur kilométrique et un nouveau pneu arrière, un petit peu d'huile et un regonflage des pneus. Une préparation classique en prévision d'une remontée vers le nord, avant un nouveau départ par delà les océans.

La remontée fût épique, encore une fois. La météo n'aime pas me voire remonter au nord. Vent, pluie et froid furent de la partie pour gacher ce trajet qui aurait pu être si agréable et qui fini sur l'autoroute. Je ne m'étendrai donc pas et je garderai de cette année, le souvenir des Gorges qui m'ont rendu heureux, l'espace d'un bref instant.
Vivement l'an prochain.

Pour voir quelques photos de cette escapade, rendez vous ici : galerie photo - Mai 2012
Jeannouille

A part ça, petit retour d'expérience. Je suis actuellement monté en Pirelli, Corso Rosso. Je n'ai rien à en dire de particulier. Sur une conduite cool, quoique d'allure soutenue, il ne m'ont fait défaut à aucun moment. Sur le trajet du retour, le pneu arrière était un peu sous gonflé et je me suis fait quelques frayeurs sur le bîtume froid et humide auvergnat. Je ne sais pas comment aurait réagit le Michelin 2CT que j'avais avant. Mais je n'ai pas aimé. Une fois regonflé correctement, je n'ai plus eu de soucis. D'un autre coté, j'étais vraiment en mode "lopette" sur les routes humides, à 4°, avec un vent à décorner les boeufs.